11.03.2007

Réflexion sur la peinture

L'oeuvre en deux dimensions s'exprime par la troisième, la profondeur, et la quatrième, le temps. La profondeur est à la fois objective, subjective et thématique. Objective elle l'est dans le sens du rendu des volumes et de la perspective. Le mode abstrait permet un peu de s'affranchir de ces contraintes stylistiques, mais pas entièrement. Subjective la profondeur l'est dans le rapport qui se crée entre le peintre et la toile et que le regard perçoit ensuite. Dans la mesure du dialogue qui se crée s'impose la profondeur subjective et thématique. L'oeuvre dense révèle une profondeur première, objective, secondaire, subjective et enfin thématique dans le sens que le sujet nous parle, nous interpelle. Cette profondeur thématique est une profondeur de l'esprit, qui relève des archétypes de l'art et des aspirations, désirs et angoisses de l'homme. Les "grandes" oeuvres allient ces trois profondeurs. Elles ne peuvent par essence être abstraites, mais leur style peut tendre à l'abstraction.

La quatrième dimension, le temps, est une dimension intimiste. Une oeuvre se révèle comme avoir été réalisée par bonheur, dans la réflexion, dans la souffrance, dans l'exercice de style. Une oeuvre magnifique peut avoir été réalisée en quelques instants par bonheur ou à la suite d'un grand travail. Cela se sent, se partage. Une oeuvre peut être belle par le message de bonheur ou de labeur transmis. Cette beauté là ne répond pas à des critères artistiques.

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