14.01.2008
Pascal Montavon **** Arts et Thèmes entre esprit et passion
Je pourrais un jour sculpter un trait et le signer. Ce trait serait perçu avec de l'incompréhension, mais il pourrait être pour moi un achèvement, l'aboutissement d'une démarche à la fois artistique et personnelle. Parfois il faut que j'aille au-delà du trait pour exprimer par la sculpture beautés premières et fantasmes, ces oeuvres souvent charnelles sont alors un apaisement, elles me permettent de revenir aux traits idéels.
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L'art naît de l'art. L'étude des oeuvres des grands peintres et sculpteurs influence chaque artiste et il est difficile de ne point emprunter les chemins balisés des courants artistiques. Une référence à un grand peintre fait toujours plaisir et surprend parfois quand l'artiste lui-même n'avait pas fait le lien évoqué. Pour ma part j'aimerais relever ici que je dois beaucoup à nombres d'artistes peu connus ou connus dans un milieu relativement restreint et qui m'ont touché et impressionné par leurs oeuvres et leur ligne ou démarche artistique. Les galeries d'art conviviales du coin de la rue et des villages voisins sont des écrins de créativité. Mes inspirations, je dis bien inspiration, sont nées après un foisonnement d'oeuvres découvertes ci et là et qui m'ont donné envie moi aussi de peindre et sculpter sans référence réelle à des courants artistiques. Pour le plaisir de la création.

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Dans l'abstraction il y a de la spontanéité et une part d'impondérable. Dans ce mode d'expression l'art réside à mon sens de la maîtrise de ces deux paramètres en ce sens que l'impondérable est canalisé dans une spontanéité endiguée. L'image que je donnerais est celle du delta d'un fleuve avec, de temps à autre, des crues et des assèchements. Si l'on reconnaît toujours le delta et les grands bras du fleuve, on peut être surpris par le nouveau visage que pluies torrentielles ou périodes de sécheresse donnent au delta. Dans mon travail l'abstraction est endiguée. Ma spontanéité peut-être aussi. D'où cette idée d'un art entre esprit et passion.
Les corps idéels que j'exprime par quelques traits gravés dans le bois ou le bronze sont pour moi des idées au sens platonicien, idées de l'homme dont l'être est difficilement cernable comme d'ailleurs toutes les personnes que nous côtoyons. Combien de fois nous nous faisons une image d'une personne au vu de reflets projetés contre les parois de notre univers par le feu de l'amour, le feu de la passion. Parfois heureusement ces images sont assez proches de la réalité pour un moment donné, pour un temps donné dans une vie.
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10:10 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.03.2007
Réflexion sur la peinture
L'oeuvre en deux dimensions s'exprime par la troisième, la profondeur, et la quatrième, le temps. La profondeur est à la fois objective, subjective et thématique. Objective elle l'est dans le sens du rendu des volumes et de la perspective. Le mode abstrait permet un peu de s'affranchir de ces contraintes stylistiques, mais pas entièrement. Subjective la profondeur l'est dans le rapport qui se crée entre le peintre et la toile et que le regard perçoit ensuite. Dans la mesure du dialogue qui se crée s'impose la profondeur subjective et thématique. L'oeuvre dense révèle une profondeur première, objective, secondaire, subjective et enfin thématique dans le sens que le sujet nous parle, nous interpelle. Cette profondeur thématique est une profondeur de l'esprit, qui relève des archétypes de l'art et des aspirations, désirs et angoisses de l'homme. Les "grandes" oeuvres allient ces trois profondeurs. Elles ne peuvent par essence être abstraites, mais leur style peut tendre à l'abstraction.
La quatrième dimension, le temps, est une dimension intimiste. Une oeuvre se révèle comme avoir été réalisée par bonheur, dans la réflexion, dans la souffrance, dans l'exercice de style. Une oeuvre magnifique peut avoir été réalisée en quelques instants par bonheur ou à la suite d'un grand travail. Cela se sent, se partage. Une oeuvre peut être belle par le message de bonheur ou de labeur transmis. Cette beauté là ne répond pas à des critères artistiques.
12:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.03.2005
Réflexion sur la sculpture
Sculpter nous met en prise avec la troisième dimension et allonge certainement la quatrième, le temps. Il y a dans la sculpture une approche physique. L'oeuvre s'impose à soi et oblige qu'on l'embrasse, qu'on la prenne en mains. Le sensualisme est corporel. Plus l'oeuvre a été physiquement touchée, plus l'oeuvre aura été imprégnée de son auteur. Si dans les couleurs on oppose les couleurs chaudes aux couleurs froides, je pense qu'en sculpture on peut opposer les prises en mains chaudes aux prises en mains froides. Les prises en mains chaudes s'expriment par des rondeurs marquées, les prises en mains froides par des courbes légères, des arrêtes, des angles droits.
Dans cet esprit, ou vue de l'esprit, l'art du sculpteur, outre l'originalité de sa démarche, réside dans les impressions de chaleur et de froid suscitées par ses oeuvres. En opposant les prises en main froides aux prises en mains chaudes, je ne pose aucun jugement de valeur. J'exprime ce que je pense être un donné de l'oeuvre. Il y a chez Rodin et plus encore chez Camille Claudel de la chaleur. Il y a dans les volumes de Moore de la fraîcheur. D'autres oeuvres marient courbes chaudes et arrêtes froides; ce mariage peut être un bonheur. Certaines oeuvres sont parfois froides, voire glaciales, ou d'une chaleur oppressante. Sans être inintéressantes si la thématique interpelle, je dirais qu'elles parlent plus à l'esprit qu'à notre sensibilité.
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